Edouard Beaudoin s’est initié au travail du bois dès l’âge de neuf ans; il aidait alors son père qui avait fondé un petit atelier, la Maison Médéric Beaudoin, en 1930. Même s’il n’était pas ébéniste mais cultivateur de métier, M. Beaudoin, père, savait sauver les meubles! Il départageait les «vraies» antiquités des fausses, réparait les pièces récupérables et démontait les autres pour n’en garder que les bons morceaux.

Garçon à tout faire, le jeune Édouard nourrissait toutefois un feu sacré: il aimait travailler le bois, fignoler, parfaire. Il se lançait des défis et pouvait sculpter en cachette toute la journée et toute la nuit pour se prouver qu’il avait des aptitudes… Bref l’élève a vite dépassé le maître. Dans l’atelier paternel, Édouard est graduellement devenu artisan. Il s’occupait, entre autres, de refaire des corniches et des bases d’armoire que les habitants avaient pris l’habitude d’amputer – par souci d’économie d’espace – afin que les meubles s’adossent parfaitement le long des murs.